Articles de ann-gaelle
L'aventure de l'auto-édition
Pas les miens
Il y a quelque temps, j'ai annoncé à Rose que j'allais bientôt vendre certains des livres que j'avais écrits pour elle.
Je m'attendais à ce qu'elle soit contente.
Peut-être fière.
Peut-être même qu'elle me demande si beaucoup d'enfants allaient les lire.
Pas du tout.
Sa réaction a été immédiate :
— Pas les miens !
Il m'a fallu quelques secondes pour comprendre.
Journal d'écriture : le tome 3 prend vie
Le tome 3 des aventures de La petite chevaleresse au coeur du Royaume des Quatre forêts est en cours d'écriture.
Enfin, « en cours d'écriture »…
Chez moi, cela signifie qu'il existe déjà un plan, des chapitres, des personnages, des idées que je pensais parfaitement arrêtées…
… et beaucoup de choses qui ont décidé de changer en cours de route.
Je commence à comprendre que mes histoires ont une légère tendance à faire ce qu'elles veulent.
Ils sont là. Et maintenant… il faut cliquer.
Ils sont enfin là : mes cinq premiers livres, imprimés et presque prêts à être publiés. Après quelques dernières coquilles corrigées, il ne reste plus qu'une étape… cliquer sur « Publier ». Et étrangement, c'est peut-être la plus impressionnante de toutes.
Ce qui s'est passé avant la première page
Construire un monde, c'est bien.
Découvrir qu'il existait déjà avant que votre héroïne y vive, c'est autre chose.
Lorsque j'ai commencé à écrire les aventures de La petite chevaleresse, je savais ce qui arrivait à Rose.
Je savais où elle vivait, qui elle allait rencontrer, quels chemins elle allait emprunter et quelle aventure je voulais lui faire vivre.
Ce qui s'était passé cent ans plus tôt ?
Aucune idée.
Et, très franchement, je n'en avais pas besoin.
Enfin…
C'est ce que je croyais.
Les fondations invisibles
Quand on ouvre un livre pour enfants, on voit une histoire.
Des personnages, des illustrations, quelques dizaines de pages. Une aventure qui se lit parfois en vingt minutes au creux d'un canapé.
Ce qu'on ne voit pas, en revanche, ce sont toutes les questions qui se cachent derrière.
Et depuis que j'écris les aventures de La petite chevaleresse, je crois que je passe presque autant de temps à répondre à ces questions qu'à écrire l'histoire elle-même.
D'autant qu'au fil du temps, une histoire est devenue une série.
Et forcément, cela change beaucoup de choses.
Car chaque nouveau tome doit pouvoir raconter sa propre aventure tout en restant cohérent avec ceux qui l'ont précédé… et avec ceux qui viendront après.
Un lieu ajouté sur une carte doit trouver sa place parmi ceux qui existent déjà. Une légende évoquée aujourd'hui doit pouvoir s'accorder avec l'histoire du royaume. L'âge d'un personnage, un trajet, une rencontre, un événement passé… tous ces petits détails finissent par former un ensemble.
Et plus le Royaume des Quatre Forêts grandit, plus je découvre qu'inventer de nouvelles choses n'est finalement pas le plus compliqué.
Le plus compliqué, c'est de faire en sorte que tout tienne debout.
Et si j'apprenais à dessiner ?
Aujourd'hui, mes illustrations naissent avec l'aide de l'intelligence artificielle. Mais derrière chaque image, il y a surtout de très nombreux essais, des croquis, beaucoup de patience… et l'envie d'apprendre à dessiner un jour.
Mon carnet est plein de débuts d'histoires
Toutes les histoires ne deviennent pas immédiatement des livres. Certaines préfèrent d'abord se cacher quelques pages dans mon carnet, le temps d'être prêtes à partir à l'aventure.
Les histoires choisissent parfois leur moment
Toutes les histoires n'avancent pas au même rythme. Certaines s'écrivent d'une traite, d'autres attendent patiemment quelques semaines… avant de revenir frapper à la porte de mon imagination.
Mes plus belles idées ne viennent pas de moi
Une phrase de Rose, une question de Thomas, un instant avec Jules... Mes enfants ne le savent pas, mais ils sont souvent les premiers à semer les graines de mes histoires.
Ce sont d'abord des petits morceaux de notre vie de famille. C'est peut-être ce qui les rend si précieuses à mes yeux.
Une journée pour écrire... ou presque
Les histoires ne naissent pas dans un bureau silencieux, mais au milieu des rires, des cartables, des repas et d'un bébé qui dort en porte-bébé. Une journée ordinaire... qui ne l'est jamais vraiment.