Ils sont là. Et maintenant… il faut cliquer.

ann-gaelle Par 0

Ils sont enfin là : mes cinq premiers livres, imprimés et presque prêts à être publiés. Après quelques dernières coquilles corrigées, il ne reste plus qu'une étape… cliquer sur « Publier ». Et étrangement, c'est peut-être la plus impressionnante de toutes. 

Il y a quelques jours, j'attendais un colis avec une impatience assez peu raisonnable.

Aujourd'hui, ils sont là.

Mes livres.

Pas les fichiers PDF que je connais par cœur.
Pas les couvertures affichées sur mon écran.
Pas les aperçus que j'ai ouverts, refermés, agrandis et examinés environ douze mille fois.

Les vrais.

Ceux qu'on peut prendre dans les mains, feuilleter, poser sur une table et regarder en se disant :

Ah oui. Quand même. J'ai fait ça.

Et je dois bien l'avouer : ça fait quelque chose. ♥

Le moment où l'écran devient un livre

J'avais déjà reçu des versions imprimées de certaines de mes histoires auparavant. Mais cette fois, c'est différent.

Ces exemplaires sont arrivés dans le cadre de leur publication sur Amazon KDP. Autrement dit, je ne suis plus vraiment en train de « voir ce que ça donne ».

Je suis en train de préparer leur sortie.

Cinq livres.

Cinq histoires qui, jusqu'ici, appartenaient surtout à notre famille, à mes enfants, à quelques proches, à mon ordinateur et à cette partie un peu étrange de mon cerveau où vivent désormais des chevaleresses, des créatures improbables et tout un tas de personnages qui ont pris leurs aises.

Et les voir réunis devant moi a rendu les choses beaucoup plus concrètes.

 

Évidemment, j'ai trouvé des coquilles

 

Parce qu'il aurait été beaucoup trop simple d'ouvrir le carton, de pousser un petit cri de joie et de passer directement à la suite.

Non.

Il fallait évidemment que mon cerveau, après quelques secondes d'émerveillement, passe en mode :

« Attends… c'est quoi, ça ? »

Une mention oubliée ici.

Un nom qui aurait dû apparaître là.

Deux petits éléments à corriger dans les mentions légales.

Rien qui remette les livres en question. Rien qui nécessite de reprendre cinquante pages ou de refaire des illustrations.

Mais suffisamment pour que je me dise :

Heureusement que je les ai vus avant de publier.

Alors j'ai corrigé.

Puis, tant qu'à faire, j'ai repris les cinq livres et vérifié une dernière fois leurs mentions légales.

Puis j'ai remis les fichiers corrigés sur KDP.

Cette fois, ils sont prêts.

Vraiment prêts.

Enfin, normalement.

Non. Stop.

Prêts.

Et c'est là que les choses se compliquent

Parce qu'il ne me reste plus une mise en page à terminer.

Plus un ISBN à attendre.

Plus une couverture à adapter.

Plus une mention légale derrière laquelle me cacher.

Il me reste… un bouton.

Publier.

Et, assez curieusement, c'est peut-être l'une des étapes les plus difficiles.

Pendant des mois, j'ai pu dire :

« Je prépare la publication de mes livres. »

C'était concret, mais encore confortable.

Je pouvais les modifier. Les reprendre. Hésiter. Changer un mot. Déplacer quelque chose de trois millimètres parce que, soudain, ces trois millimètres devenaient absolument essentiels à ma survie.

Mais publier, c'est autre chose.

Publier, c'est décider qu'à un moment donné, c'est fini.

Pas fini dans le sens où je n'écrirai plus — très loin de là.

Fini dans le sens :

Cette histoire-là, je la laisse partir.

J'avais prévu le 14 septembre

C'était la date que je m'étais fixée.

Une date rassurante, finalement.

Le 14 septembre, je publierais mes livres.

Pas aujourd'hui.
Pas maintenant.
Le 14.

Sauf que toutes les étapes que je pensais devoir encore franchir sont terminées.

Les corrections sont faites.
Les fichiers définitifs sont sur KDP.
Les livres sont prêts.

Et soudain, le 14 septembre ressemble beaucoup moins à une date de publication qu'à… une excellente excuse pour ne pas appuyer tout de suite sur le bouton.

Aïe.

J'ai même envisagé de programmer la publication

À minuit, par exemple.

Comme ça, techniquement, je publierais mes livres.

Mais sans avoir à PUBLIER MES LIVRES.

Vous voyez la nuance ?

Je pourrais aller me coucher avec cinq livres « en attente » et laisser tranquillement Amazon accomplir l'irréparable pendant mon sommeil.

Tentant.

Vraiment très tentant.

Mais je crois que j'aurais aussi l'impression de me voler un petit quelque chose.

Parce qu'après tout ce chemin, peut-être que ce clic mérite d'être fait consciemment.

Même avec la trouille.

Surtout avec la trouille, peut-être.

Alors voilà où j'en suis

Mes cinq premiers livres sont devant moi.

Ils existent.

J'ai trouvé les dernières petites choses à corriger.

Je les ai corrigées.

Les fichiers définitifs sont prêts.

Et maintenant, il ne reste plus qu'une étape ridiculement simple :

cliquer sur « Publier ».

Je pensais que le plus difficile serait d'écrire un livre.

Puis d'en écrire plusieurs.

Puis de les illustrer.

Puis de comprendre comment fonctionne l'autoédition.

Puis les ISBN.

Puis les formats d'impression.

Puis les fonds perdus.

Puis les mentions légales.

Puis KDP.

Finalement, je découvre qu'un bouton de quelques centimètres peut être beaucoup plus impressionnant que tout ça.

Mais bon.

À un moment, il faut bien ouvrir la porte. ♥

Alors… go publier.

Enfin.

Je crois.

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