Il y a une chose que je n'avais pas imaginée lorsque j'ai commencé à écrire.
Je pensais inventer des histoires pour mes enfants.
Finalement...
Ce sont souvent eux qui les inventent pour moi.
Sans le savoir.
Sur le chemin de l'école, Rose me raconte sa journée avec un sérieux qui me fait toujours sourire.
Pour elle, une coccinelle posée sur une manche ou un caillou en forme de cœur méritent qu'on s'arrête quelques minutes.
Et elle a raison.
Thomas, lui, pose des questions auxquelles je n'aurais jamais pensé.
Certaines deviennent des personnages.
D'autres restent dans un coin de ma tête pendant des semaines avant de trouver leur place dans une histoire.
Même Jules, qui est encore bien petit, participe déjà à sa manière.
Quand il dort contre moi pendant que j'écris, j'ai parfois l'impression que le temps ralentit un peu.
Ces instants sont précieux.
Alors je les garde.
Dans un coin de ma mémoire.
Et parfois...
Ils se glissent entre les pages d'un livre.
Je crois que c'est pour cela que mes histoires parlent si souvent de famille, de souvenirs, d'amitié ou de moments partagés.
Elles ne naissent pas dans un grand bureau, loin de tout.
Elles grandissent au milieu des rires.
Des jouets qui traînent.
Des dessins accrochés au réfrigérateur.
Des repas en famille.
Des promenades.
Et de toutes ces petites choses qui semblent ordinaires...
...jusqu'au jour où l'on se rend compte qu'elles étaient en train de devenir de merveilleux souvenirs.